Photographie et arts plastiques à Bamako : Seydou Keïta, Malick Sidibé, Abdoulaye Konaté
Trois figures de l'art malien liées à Bamako : Seydou Keïta, portraitiste de studio dès 1949, Malick Sidibé, « l'œil de Bamako » (prix Hasselblad 2003, Lion d'or de Venise 2007) et Abdoulaye Konaté, plasticien du textile. Leur parcours, et où prolonger la découverte en ville.
Bamako est l'une des capitales de la photographie africaine. Deux de ses portraitistes de studio, Seydou Keïta et Malick Sidibé, ont changé le regard du monde sur l'image en Afrique, et la ville accueille depuis 1994 la biennale qui porte cette histoire. Voici qui ils sont, et un troisième nom, Abdoulaye Konaté, pour les arts plastiques.
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L'essentiel
- Seydou Keïta a ouvert un studio de portrait dans sa cour à Bamako en 1949 ; considéré comme le « père » de la photographie africaine, il n'est découvert en Occident que dans les années 1990.
- Malick Sidibé, surnommé « l'œil de Bamako », a photographié les fêtes de la jeunesse de l'indépendance ; il a reçu le prix Hasselblad en 2003, premier Africain à l'obtenir.
- Abdoulaye Konaté fait du tissu son matériau principal et a remporté le Grand Prix de la Biennale de Dakar en 1996.
- Les Rencontres de Bamako se tiennent du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027.
Seydou Keïta, portraitiste de studio
Seydou Keïta commence la photographie en 1949 et installe un studio dans sa cour, à Bamako. Spécialiste du portrait, il travaille à la chambre photographique. Pour des raisons économiques, il ne fait qu'une prise par séance, et à la lumière du jour. Ses images, prises entre 1949 et 1962, montrent la haute société malienne de l'époque : ses modèles choisissent eux-mêmes décors, accessoires et tenues, des habits traditionnels aux costumes européens. De 1962 à 1977, il est photographe à la Sûreté nationale.
Son œuvre n'est révélée au public occidental que dans les années 1990 : première présentation en France à Rouen en 1993, puis les Rencontres d'Arles en 1994, la Fondation Cartier à Paris la même année et le musée Guggenheim à New York en 1996. Il meurt en 2001. Un prix Seydou-Keïta est attribué aux Rencontres de Bamako, et son travail a été montré au Grand Palais en 2016 puis dans l'exposition « A Tactile Lens », présentée en 2025 par le Brooklyn Museum.
Malick Sidibé, « l'œil de Bamako »
Né en 1936 à Soloba (cercle de Yanfolila) dans une famille peule de paysans, Malick Sidibé étudie le dessin et la bijouterie à l'école des artisans soudanais, devenue Institut national des arts de Bamako. Il entre en 1955 au studio « Photo service », ouvre son premier studio à Bamako en 1958, puis s'installe en 1962 dans le quartier populaire de Bagadadji, où il reste jusqu'à sa mort.
Il se spécialise d'abord dans la photographie de mariage et de reportage, notamment dans les soirées dansantes de la capitale : le Mali vient d'accéder à l'indépendance, c'est le temps du twist et des 45 tours. Dans les années 1970, il se tourne davantage vers le portrait en studio. Les premières Rencontres africaines de la photographie, en 1994, accroissent sa réputation.
Quelques repères de sa reconnaissance :
| Année | Distinction ou événement |
|---|---|
| 2003 | prix international de la Fondation Hasselblad, premier Africain à le recevoir |
| 2007 | Lion d'or d'honneur de la 52e Biennale de Venise, pour l'ensemble de sa carrière |
| 2009 | prix PhotoEspaña Baume & Mercier et World Press Photo (catégorie Arts and Entertainment) |
| 2016 | décès à Bamako le 14 avril ; hommage « Swinging Bamako » aux Rencontres d'Arles |
| 2017-2018 | rétrospective « Mali Twist » à la Fondation Cartier, à Paris |
Abdoulaye Konaté, le plasticien du textile
Né le 1er février 1953 à Diré, Abdoulaye Konaté est l'une des grandes figures des arts plastiques au Mali. Formé à l'Institut national des arts de Bamako de 1972 à 1976, puis à l'Institut supérieur des arts de La Havane de 1978 à 1985, il aborde la tapisserie, la confection, la peinture et la sculpture. Il fait du tissu son principal matériau, entre spiritualités africaines et actualité mondiale. Il a remporté le Grand Prix de la Biennale de l'art africain contemporain de Dakar (Dak'Art) en 1996, a été fait chevalier de l'Ordre national du Mali en 2002 et a été nommé pour le prix Artes Mundi en 2008. Sur la tradition textile du pays, voir notre page sur le bogolan.
Prolonger la découverte à Bamako
- La Maison africaine de la photographie, installée à la Bibliothèque nationale, et les autres lieux d'exposition : voir les lieux culturels de Bamako.
- Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie, du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027 : voir la page de l'événement, qui détaille son histoire et ses prix.
- Le Marché national de l'art contemporain, du 26 novembre au 5 décembre 2026, en marge des Rencontres : voir l'agenda de Bamako.
- Le cinéma de la même époque et des mêmes quartiers : cinéma malien.
Questions fréquentes
Qui est Malick Sidibé ?
Un photographe portraitiste malien (1936-2016), surnommé « l'œil de Bamako », installé à Bagadadji depuis 1962, lauréat du prix Hasselblad en 2003.
Qui est considéré comme le père de la photographie africaine ?
Seydou Keïta, portraitiste de studio à Bamako dès 1949, redécouvert en Occident dans les années 1990.
Où voir de la photographie à Bamako ?
À la Maison africaine de la photographie (Bibliothèque nationale) et dans les lieux d'exposition des Rencontres de Bamako, qui reviennent tous les deux ans.
Sources : Wikipédia, Seydou Keïta (photographe), Malick Sidibé et Abdoulaye Konaté.