Le bogolan, tissu teint à la boue du Mali : fabrication, motifs et mode
Le bogolan (bògòlanfini en bambara, « fait avec de la boue ») : bandes de coton tissées, teinture aux feuilles de n'galama et dessin à la boue fermentée, quatre teintes, motifs protecteurs, et son essor dans la mode depuis Chris Seydou.
Reconnaissable à ses motifs bruns, noirs et ocre, le bogolan est l'un des symboles de l'artisanat malien. Le mot désigne à la fois le tissu et une technique de teinture. Voici comment il est fait, ce que disent ses motifs et comment il est entré dans la mode.
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L'essentiel
- Bogolan vient du bambara bɔgɔlan, de bɔgɔ (la terre) et lan (« issu de ») : littéralement « fait avec de la boue ».
- Le tissu est une toile de coton filée et tissée sur place, en bandes cousues bord à bord.
- Quatre teintes principales : marron, noir, beige et jaune clair.
- Commercialisé au Mali dans les années 1970, il s'est diffusé dans le monde grâce au styliste Chris Seydou dans les années 1980.
Le tissu
La base est une toile de coton plus ou moins épaisse, filée et tissée sur place, en bandes d'environ 5 à une douzaine de centimètres de large, vendues en rouleaux. Ces bandes sont cousues à la main bord à bord pour former des pièces de tissu. Un tailleur peut y découper un vêtement avant que l'artiste ne commence la teinture.
La teinture, étape par étape
- Bain de base : le tissu trempe dans une décoction de feuilles de n'galama (bouleau d'Afrique, un arbre de la famille des Combrétacées), puis sèche à plat au soleil.
- Dessin à la boue : l'artiste trace les motifs avec de la boue fermentée (bɔgɔ), à l'aide d'un calame ou d'un pinceau.
- Parties rouges : du rouille au brun, elles viennent d'une décoction d'écorce de mpécou ; laissée de côté un moment, la même décoction donne une teinte kaki.
- Parties blanches : elles sont aujourd'hui obtenues avec un mélange décolorant de poudre lessivielle, de chlore et de savon de karité.
Là où le wax affiche des couleurs vives, le bogolan joue sur des nuances sobres : marron, noir, blanc, ocre.
Ce que disent les motifs
Les dessins sont une marque d'identité : ils renvoient à une population, à un village ou à un artiste, au point qu'une femme peut reconnaître ses propres pièces. Teint à la terre, le bogolan est considéré comme chargé d'énergie vitale. Traditionnellement, il servait de protection : selon la forme et la couleur des motifs, il protégeait les chasseurs, les femmes enceintes, les personnes âgées ou les nourrissons. On en faisait des tuniques d'hommes et des pagnes noués de femmes, et on lui prêtait des vertus thérapeutiques.
Du village à la mode internationale
Le bogolan est commercialisé au Mali dans les années 1970, et la production augmente dans les années 1980 avec des centres comme San ou Ségou. Le styliste malien Seydou Doumbia, dit Chris Seydou, le fait connaître dans le monde dans les années 1980 ; dans les années 2000, il est exporté partout. La styliste malienne Mariah Bocoum l'utilise aussi, comme des créateurs d'autres pays africains, et des marques occidentales s'en sont inspirées, dont Oscar de la Renta en 2008.
À Bamako, on trouve du bogolan dans les marchés et à la Maison des artisans : voir notre page Musée national et artisanat.
Questions fréquentes
Que veut dire bogolan ?
« Fait avec de la boue » : le mot bambara bɔgɔlan associe bɔgɔ, la terre, et le suffixe lan, « issu de ».
Comment est fait le bogolan ?
Une toile de coton est trempée dans une décoction de feuilles de n'galama, séchée au soleil, puis dessinée à la boue fermentée ; d'autres décoctions et décolorants donnent les rouges et les blancs.
Quelles sont les couleurs du bogolan ?
Quatre teintes principales : marron, noir, beige et jaune clair, avec des nuances de rouille, d'ocre et de kaki.
Source : Wikipédia — Bogolan.