Agriculture, élevage et coton au Mali : ce que l'investisseur doit savoir en 2026
Ce que disent les communiqués du Conseil des ministres de 2026 sur l'agriculture malienne : coton (656 000 tonnes par an, 98 % exporté brut), usine textile de 40 000 tonnes, riz local, campagne agricole 2026-2027, stratégie de sécurisation du bétail.
L'agriculture et l'élevage restent le socle de l'économie malienne, et le gouvernement en a fait en 2026 un axe de sa politique industrielle : transformer sur place ce qui part aujourd'hui à l'état brut. Cette page rassemble ce que disent les communiqués officiels du Conseil des ministres sur le coton, le riz, l'élevage et la campagne agricole, pour qui envisage d'investir dans l'agro-industrie depuis Bamako.
L'essentiel (communiqués vérifiés le 18 octobre 2026)
- Le Mali produit 656 000 tonnes de coton par an et se présente comme le premier producteur d'Afrique de l'Ouest ; 98 % de cette production est exportée à l'état brut.
- Une usine de transformation de la fibre de coton de 40 000 tonnes par an est en projet, portée par la nouvelle Société des Textiles du Mali.
- En avril 2026, l'État a racheté 26 030 tonnes de riz local invendu, moins compétitif que le riz importé.
- Une stratégie nationale de sécurisation du bétail vise à stabiliser le cheptel sur des espaces aménagés d'ici 2034.
Le coton : produire beaucoup, transformer peu
Le communiqué du 29 juillet 2026 pose le constat sans détour : avec 656 000 tonnes par an, le Mali est le premier producteur de coton d'Afrique de l'Ouest, mais 98 % de la production part à l'état brut. Le gouvernement y voit « une faible capacité de création de valeur ajoutée au niveau national et une dépendance de notre économie aux exportations de matières premières ».
Sa réponse : un projet d'usine de transformation de la fibre de coton d'une capacité de 40 000 tonnes par an, confié à la Société des Textiles du Mali (STM-SA), dont les textes de création ont été adoptés le même jour (ordonnance n° 2026-019/PT-RM du 7 août 2026). Son objet va de la filature et du tissage à la teinture, à la confection et à la commercialisation de vêtements. Capital, statuts et missions : voir notre page sur les nouvelles sociétés et agences publiques de 2026.
La filière reste fragile. La loi de finances rectificative 2026, présentée au Conseil du 3 juillet, inscrit une subvention exceptionnelle à la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), la société qui encadre la production cotonnière.
Pour un investisseur, les débouchés se situent en aval : fournisseurs et sous-traitants de la future usine, confection, logistique, emballage. Sur le textile traditionnel, voir notre page sur le bogolan.
Le riz : un produit local plus cher que l'importé
Le Conseil du 23 avril 2026 a reconnu un problème structurel : la filière riz a du mal à écouler sa production parce que ses coûts de production élevés rendent le riz local moins compétitif que le riz importé. Le gouvernement a décidé d'acheter le stock invendu de 26 030 tonnes détenu par l'Interprofession de la filière riz, pour le revendre à la population à un prix accessible, via une subvention à l'Office des Produits agricoles du Mali (OPAM).
L'opération vise à soutenir la filière, à préserver le pouvoir d'achat et à stabiliser le marché pendant la période de soudure. Elle montre aussi où se trouve l'enjeu pour un investisseur : réduire les coûts de production, de décorticage et de stockage du riz local.
Les grands périmètres irrigués sont gérés par des offices publics, dont l'Office du Niger et, près de Bamako, l'Office du périmètre irrigué de Baguinéda. En juillet 2026, le gouvernement a aussi affecté au ministère de l'Agriculture environ 86 hectares à Samanko (commune rurale du Mandé, cercle de Kati) pour en préserver la vocation agricole.
Le sucre : un tiers des besoins couverts
Les deux unités sucrières SUKALA et N-SUKALA, dans la région de Ségou, ont lancé leur campagne 2025-2026 le 5 février 2026. Elles prévoient de produire près de 120 000 tonnes, soit environ 34 % du besoin annuel du pays en sucre (communiqué du 13 février 2026). Le reste est importé.
La campagne agricole 2026-2027
Le ministre de l'Agriculture a lancé le Plan de campagne agricole 2026-2027 lors de missions à Ségou, Bougouni et Sikasso, du 24 juin au 6 juillet 2026 (communiqué du 17 juillet). Au programme : rencontres avec les faîtières des filières, bilan de la campagne 2025-2026, projections pour 2026-2027 et mobilisation de l'encadrement technique et des producteurs.
L'élevage : sécuriser le cheptel
Le gouvernement a approuvé en 2025 la Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du bétail malien et son plan d'actions 2025-2029 (décret n° 2025-0435/PT-RM du 3 juillet 2025). Elle vise à stabiliser et sécuriser le cheptel sur des espaces aménagés, avec une production optimale, à l'horizon 2034. Le Conseil du 15 avril 2026 en a fixé le cadre institutionnel : un comité national de pilotage, un comité technique de coordination et des organes régionaux et locaux.
Chaque année, le ministère de l'Élevage organise aussi des ventes promotionnelles qui mettent les éleveurs en relation directe avec les consommateurs des villes, sans intermédiaire : bovins pour le Ramadan (18e édition du 11 au 20 mars 2026) et ovins pour la Tabaski (18e édition du 20 au 27 mai 2026).
Le cadre pour investir
Les projets agro-industriels s'inscrivent dans la Stratégie nationale pour l'émergence et le développement durable 2024-2033, régulièrement citée par les communiqués. Pour monter un projet :
- les avantages du Code des investissements et l'API-Mali ;
- la fiscalité des entreprises ;
- le financement par les banques et le mobile money agréés ;
- le prix du carburant et de l'électricité, décisif pour l'irrigation et la transformation.
Le Forum du Mali Kura, les 11 et 12 décembre 2026 à Bamako, doit présenter un portefeuille d'opportunités d'investissement aligné sur les priorités nationales.
Questions fréquentes
Combien de coton le Mali produit-il ?
656 000 tonnes par an selon le gouvernement, ce qui en fait le premier producteur d'Afrique de l'Ouest ; 98 % sont exportés à l'état brut.
Pourquoi le riz malien est-il moins compétitif que le riz importé ?
Le gouvernement l'explique par des coûts de production élevés. En avril 2026, il a racheté 26 030 tonnes de riz local invendu pour les revendre à prix accessible.
Qu'est-ce que la Société des Textiles du Mali ?
Une société d'État créée en 2026 pour transformer la fibre de coton au Mali, avec un projet d'usine de 40 000 tonnes par an.
Sources officielles (vérifiées le 18 octobre 2026)
Communiqués du Conseil des ministres publiés par le Secrétariat général du Gouvernement : 13 février 2026, 4 mars 2026, 15 avril 2026, 23 avril 2026, 13 mai 2026, 3 juillet 2026, 10 juillet 2026, 17 juillet 2026 et 29 juillet 2026.