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L'Empire du Mali : Soundiata Keïta, la Charte du Manden et Mansa Moussa

L'Empire du Mali, fondé au XIIIe siècle par Soundiata Keïta après la bataille de Kirina : la Charte du Manden, l'apogée sous Mansa Moussa et son pèlerinage de 1324, Tombouctou et Djenné, le déclin face aux Songhaï et la question de la capitale.

Le pays porte son nom : l'Empire du Mali, ou Empire mandingue, fondé au XIIIe siècle, a marqué toute l'Afrique de l'Ouest. Sa langue, ses lois et ses traditions, portées par les griots, se retrouvent encore à Bamako. Voici les repères essentiels, avec les incertitudes que soulignent les historiens.

L'essentiel

  • Fondé au XIIIe siècle par Soundiata Keïta, après la victoire de Kirina sur le royaume de Sosso, vers 1235.
  • La Charte du Manden (Kouroukan Fouga), proclamée vers 1236 selon la tradition, organise la société impériale.
  • Apogée au XIVe siècle sous Mansa Moussa, dont le pèlerinage à La Mecque en 1324 rend le Mali célèbre.
  • Déclin à partir du XVe siècle ; le royaume restant est conquis par le royaume bambara de Ségou en 1670.

Le nom « Mali »

« Mali » vient d'une transcription arabe de Manden (ou Mandé), le cœur géographique et politique de l'empire. Les auteurs arabes médiévaux, comme Ibn Khaldoun ou al-Umari, écrivent Malal, Malle ou Meli. En bambara-malinké moderne, mali signifie aussi « hippopotame », une coïncidence qui ne suffit pas à expliquer le nom.


Soundiata Keïta et la bataille de Kirina

Au début du XIIIe siècle, le Mandé est dominé par le royaume de Sosso de Soumaoro Kanté. Selon la tradition orale, Soundiata Keïta, après un long exil, fédère plusieurs clans malinkés et mène la révolte. La bataille de Kirina, vers 1235, met en déroute l'armée du Sosso ; la date reste incertaine, mais les historiens la placent dans la première moitié du XIIIe siècle.

Soundiata est alors proclamé mansa (« roi des rois »). Il n'est pas connu pour avoir pratiqué l'islam de façon exclusive, mais il reconnaît cette religion dans l'empire et assure la cohabitation entre cultes traditionnels et croyances musulmanes ; plusieurs de ses conseillers sont musulmans.


La Charte du Manden

Une grande assemblée réunit clans et alliés à Kouroukan Fouga, près de Kangaba. Selon la tradition transmise par les griots, la Charte du Manden y est proclamée vers 1236 : elle répartit les rôles politiques, militaires, religieux et artisanaux entre les grandes familles, codifie la succession et les mariages et répartit l'administration entre trente clans. Elle est reconnue par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Sur la transmission orale, voir notre page littérature et théâtre.


Mansa Moussa et l'apogée

Au début du XIVe siècle, Mansa Moussa (Kankou Moussa) sécurise les routes commerciales du Sahara. En 1324, il accomplit le pèlerinage à La Mecque avec des milliers d'accompagnateurs ; il aurait emporté environ 10 tonnes d'or, au point que le cours du métal aurait baissé pendant plusieurs années. Les sources arabes ne s'accordent ni sur la taille du cortège (8 000 à 14 000 personnes) ni sur son statut.

Il revient avec des savants et des artistes, dont Abou Ishaq es-Sahéli, de Grenade, architecte de la mosquée Djingareyber de Tombouctou, construite en 1328. Sous son règne, Tombouctou devient un grand centre d'enseignement. Il meurt sans doute en 1337.

À son extension maximale, l'empire englobe des parties des actuels Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Burkina Faso, Côte d'Ivoire et Mauritanie. Son économie repose sur l'agriculture, les mines, l'artisanat et le commerce transsaharien de l'or, du cuivre, du sel et des esclaves.


Déclin et héritage

À partir du XVe siècle, crises dynastiques, perte du contrôle du commerce et montée de l'Empire songhaï affaiblissent l'empire, qui perd ses dépendances. Le royaume restant est conquis par le royaume bambara de Ségou en 1670. L'héritage reste profond : diffusion de la langue malinké, des lois, des coutumes et des édifices monumentaux. Sur Ségou aujourd'hui, voir notre page Ségou.

Où était la capitale ? La question reste débattue. L'hypothèse de Niani, avancée en 1923 par l'administrateur Jules Vidal puis reprise par Maurice Delafosse et Djibril Tamsir Niane, a longtemps dominé ; l'historien François-Xavier Fauvelle y voit une forme d'« auto-persuasion collective », et de nouvelles hypothèses sont discutées au XXIe siècle.


Questions fréquentes

Qui a fondé l'Empire du Mali ?

Soundiata Keïta, au XIIIe siècle, après sa victoire sur le royaume de Sosso à la bataille de Kirina, vers 1235.

Qui était Mansa Moussa ?

L'empereur du Mali au début du XIVe siècle, célèbre pour son pèlerinage à La Mecque en 1324 et la quantité d'or qu'il aurait emportée.

Quelle était la capitale de l'Empire du Mali ?

Elle n'est pas établie avec certitude : Niani a longtemps été retenue, mais cette hypothèse est aujourd'hui discutée.


Source : Wikipédia — Empire du Mali.

Dernière vérification: 2026-10-18· Source: Wikipédia (Empire du Mali)